ZEBRURES

une somme de virages à partir d'un seul point

26 février 2009

SANFORD FRASER : "Parmi les étrangers que j'ai connu toute ma vie" édition Tarabuste.

"MACHO

Je vois son visage
partout

à la télé
dans la rue

son visage de bois
comme un mur

sans fenêtres
les yeux tournés

vers l'intérieur
me suivant.

Quelquefois je veux
être lui :

porter un tee-shirt neuf
soigneusement déchiré

prendre la drogue en vogue
conduire une "Harley"

allumer
une fille en cuir

la mettre sur moi
comme un gant.


I see his face
everywhere :

on tv
in the street

a wooden face
that's like a wall

without windows
the eyes turned

inward
stalking

me.

Sometimes I want
to be him :

wear a new T-Shirt
carefully torn

use the latest drug
drive a Harley

turn on
a leather girl

fit her to me
like a glove."


SANFORD FRASER, " Parmi les étrangers que j'ai connus toute ma vie", éditions Tarabuste, traduction de Françoise Parouty.

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12 novembre 2008

Le vieil arbre mort au coeur de la montagne

"Le vieil arbre mort au cœur de la montagne
précipite son corps
au-dessus de l'abîme sans fond.
Poli par le vent,
lavé par la pluie,
dénudé par les tempêtes,
il a traversé dix mille hivers.
Seule subsiste l'essence de l'arbre.
Même si nous l'attaquons à la hache,
nous n'en trouverons pas l'essence.
Il est splendide.
Pas de fleurs, pourtant, pas de feuilles, pas de branches,
pas d'écorce, pas de sève.
Il est complètement sec, il a accumulé l'essence
de son expérience séculaire.
Le dojo zen s'appelle aussi : dojo des arbres morts.
Qu'est-ce que cela veut dire?
Tout arrêter, abandonner toute espèce de pensée consciente,
sans but, sans désir de devenir bouddha ou dieu,
sans bien ni mal.
Za-zen est l'arbre mort.
Za-zen n'est ni une technique de bien-être ni une carrière
sociale,
il est au-delà, bien au-delà.
Il se dresse au-dessus des nuages comme le sommet de la
montagne.
La vie de l'homme est comme un océan agité par les vagues,
il y a de petites vagues et de grandes lames,
certaines embrassent le récif puissant.
Les hommes, sur la plage, ne voient que le flux et le reflux
des vagues.
Ils ne voient pas le grand océan.
Après que l'oiseau a chanté,
la montagne est encore plus silencieuse.
Créer, pratiquer, expérimenter ici et maintenant
la vieille, l'éternelle vérité, dans toute sa fraîcheur,
tel est l'esprit du Zen."


in "La pratique du zen", Taisen Deshimaru, éditions Albin Michel, collection spiritualités vivantes.



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10 novembre 2008

Lie-tseu

"L'imitation de la nature.


Un homme vivait à Song, qui fit pour son prince une feuille de mûrier taillée dans le jade. Il prit trois ans pour mener à bien ce travail. Il cisela cet objet avec la fine pointe d'un burin, si bien qu'on y reconnaissait les nervures, la tige et les veines les plus délicates. Tout était si soigneusement imité que cette feuille mêlée aux autres feuilles de mûrier naturelles ne se pouvait distinguer des autres. A cause de son très grand art, cet homme fut entretenu aux frais de l'Etat !
Maître Lie tseu en entendit parler et dit : Si le ciel et la terre, pendant la production des êtres, devaient mettre trois ans pour parfaire une feuille d'arbre, il n'y aurait pas beaucoup de plantes feuillues. C'est pourquoi le cheng-jen bâtit sur la force créatrice du Tao et non sur le savoir et sur l'adresse."

in Le vrai classique du vide parfait, Lie-tseu, aux éditions gallimard, connaissance de l'Orient.

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Lie-tseu

"Poème.

Avant que l'œil ne perde (sa capacité) de voir,
il verra jusqu'à un poil de duvet.
Quand l'oreille approche de la surdité,
elle entend voleter un menu insecte.
Avant que la bouche ne s'affadisse
en buvant, elle distingue l'eau de chaque source.
Avant que le nez ne soit bouché,
il est sensible à l'odeur du bois sec.
Avant que le cœur ne s'ankylose,
il est d'une extrême agilité.
Il reconnaît sans difficulté ce qui est et ce qui n'est pas.
Seul ce qui n'est pas poussé à l'extrême
ne connaît pas de retour."

in Le vrai classique du vide parfait, Lie-tseu, aux éditions gallimard, connaissance de l'Orient.

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20 octobre 2008

L'abstraction lyrique

"L'abstraction lyrique est un mouvement artistique qui se développe à Paris après la Seconde Guerre mondiale.

À cette époque, la France cherchait à reconstruire son identité dévastée par l'Occupation et la Collaboration. Certains critiques d'art se sont emparés d'un nouveau courant abstrait pour tenter de redorer le blason artistique de Paris, qui avait occupé le rang de capitale des arts jusqu'à la guerre. On pouvait en effet assister à la sortie de cette dernière à une lutte entre Paris et la nouvelle école de peinture américaine basée à New York (Jackson Pollock, Willem de Kooning…).

Il s'oppose non seulement aux mouvements cubiste et surréaliste qui le précèdent mais encore à l'abstraction géométrique (ou "abstraction froide"). Ils sont en quelque sorte les premiers à appliquer les leçons de Kandinsky, considéré comme un des pères de l'abstraction. Une critique de l'époque tendait à montrer que l'abstraction géométrique n'avait pas grand chose d'abstrait en ce sens qu'elle exposait des figures géométriques connues et reconnues, un carré, une ligne… L'abstraction lyrique était donc vécue comme cette ouverture à l'expression personnelle de l'artiste.

De nombreuses expositions eurent lieu dans le Paris de l'après-guerre, galerie Drouin par exemple où l'on put voir Jean Le Moal, Gustave Singier et Alfred Manessier en 1946, Roger Bissière en 1947, Wols dès 1945… ou encore la galerie Conti avec Pierre Soulages ou Gérard Schneider. Un vent soufflait sur la capitale et, le sentant arriver, ce singulier personnage qu'est Georges Mathieu décida d'organiser deux expositions : L'imaginaire au palais du Luxembourg en 1947, avec Camille Bryen - figure bien connue de Saint-Germain-des-Prés, franc-tireur du surréalisme, dadaïste solitaire, poète, dessinateur, graveur et peintre - puis « HWPSMTB » (Hans Hartung, Wols, Francis Picabia, François Stahly, Georges Mathieu, Michel Tapié, Camille Bryen) en 1948. Il avait pour but d'imposer son terme d'abstraction lyrique qui devait d'ailleurs figurer en lieu et place de L'imaginaire. Puis en mars 1951 vint la grande exposition "Véhémences confrontées" chez Nina Dausset où est présenté pour la première fois cote à cote des artistes français et américains abstraits. Cette manifestation fut organisée par Michel Tapié, dont le rôle de défenseur du mouvement est de la plus haute importance. Avec ces événements, il déclara triomphalement que "l'abstraction lyrique était née". Ce fut toutefois un règne assez court (fin 1957), qui fut rapidement supplanté par le nouveau réalisme de Pierre Restany et Yves Klein.

Les autres membres les plus célèbres en sont Huguette Arthur Bertrand, Jean Bazaine, Roger Bissière, Olivier Debré, Maurice Estève, Jean Fautrier, Pierre Fichet, Oscar Gauthier, Elvire Jan, Serge Poliakoff, Nicolas de Staël, Zao Wou-Ki

Une exposition intitulée L'envolée lyrique, Paris 1945-1956, rassemblant les œuvres de 60 peintres, est présentée à Paris au Musée du Luxembourg (Sénat) en 2006."


Source : Wikipedia

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19 octobre 2008

Yves Klein

"Sentir l'âme, sans expliquer, sans vocabulaire, et représenter cette sensation, c'est, je crois, l'une des raisons qui m'a amené à la monochromie."

Yves Klein, 1960.



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06 octobre 2008

Franz Kline, New York, 1953, huile sur toile

lg_newyork

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Jackson Pollock, "The Deep" 1953

the_deep_xl

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04 octobre 2008

Tung Yu.

"Celui qui possède l'esprit commande le souffle. Car le souffle est à l'esprit ce que l'enfant est à sa mère. Quand la mère appelle, l'enfant aussitôt accourt."

"Souffle-Esprit textes théoriques chinois sur l'art pictural", collection points Seuil, par François Cheng.



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03 octobre 2008

Ching Hao.

"En peinture, il y a six éléments fondamentaux. Le premier est le "ch'i" (souffle) ; le deuxième est le "yun" (résonance ou harmonie) ; le troisième est le "ssu" (pensée ou réflexion) ; le quatrième est le "ching" (scène ou motif) ; le cinquième est le "pi" (pinceau) et le sixième est le "mo" (encre).
Mû par le souffle, le cœur (de l'artiste) est à même d'épouser l'élan du pinceau et de saisir l'image des choses sans hésitation. La résonance, on l'obtient si l'on parvient à établir des formes parfaites sans laisser de traces laborieuses ni tomber dans la vulgarité. La pensée, elle, permet d'éliminer les détails accessoires et de cerner les traits essentiels des choses. La scène est restituée quand les lois propres à chaque saison ont été observées ; quand a été capté le merveilleux et recréé le vrai. Le pinceau exige qu'on le manie en toute liberté sans négliger les règles ; qu'on suscite à tout moment un mouvement d'envol qui transcende la matière et l'aspect extérieur des choses. L'encre, enfin, consiste à varier les nuances de ton selon les reliefs et les coloris des choses ; elle peut atteindre un état de beauté si naturel qu'elle semble ne plus rien devoir au pinceau."

"Souffle-Esprit textes théoriques chinois sur l'art pictural", collection points Seuil, par François Cheng.
p31

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