26 février 2009
SANFORD FRASER : "Parmi les étrangers que j'ai connu toute ma vie" édition Tarabuste.
"MACHO
Je vois son visage
partout
à la télé
dans la rue
son visage de bois
comme un mur
sans fenêtres
les yeux tournés
vers l'intérieur
me suivant.
Quelquefois je veux
être lui :
porter un tee-shirt neuf
soigneusement déchiré
prendre la drogue en vogue
conduire une "Harley"
allumer
une fille en cuir
la mettre sur moi
comme un gant.
I see his face
everywhere :
on tv
in the street
a wooden face
that's like a wall
without windows
the eyes turned
inward
stalking
me.
Sometimes I want
to be him :
wear a new T-Shirt
carefully torn
use the latest drug
drive a Harley
turn on
a leather girl
fit her to me
like a glove."
SANFORD FRASER, " Parmi les étrangers que j'ai connus toute ma vie", éditions Tarabuste, traduction de Françoise Parouty.
20 février 2009
Rouge-Gorge, acrylique 30x30cm toile lin
Je vous laisse quelques jours en compagnie de mon petit rouge-gorge...
Des envies picturales...
Bon week-end :)
et des petites expériences photographiques aussi ça me manque!
ébène usée et polie de caresses anciennes
organe tiret entre le vert sombre du fond
et l’autre émeraude si vite traversée les
formes sont incertaines et vibrent lentes
au gré des lignes enfuies sous la pirogue
et battant l’eau à la poursuite du fleuve
elle signe en silences le vœu de son cœur
j’ai pris / je crois / j’assume
des libertés en voulant
regretter parfois
cet étrange canal de mots
19 février 2009
imprimante/réseaux/grandir
je t’ai scanné la tête prends donc
un verre
avec la tête en fleurs
multifonction
l’imprimante et la tête
c’est affolant
ce qui se pense dans un domaine
Guillevic parlait du domaine tiens
prends donc ce petit formatage
celui qui parlait DU domaine a dit
:::: « dans le domaine
la beauté
n’est pas payante » /
/ FRIC
récompense
vous êtes dans mon domaine
formatage
on ne définit pas la poésie
on a juste l’autorisation d’avancer
un mot
création
c’est tout
dérangé / meubles / inutile
je regarde la fenêtre
en bas en bas sur le trottoir en bas
je regarde la fenêtre
dans le gris trottoir des ombres
je regarde la fenêtre
en bas si triste si anodin négligeable
je regarde la fenêtre
il y a du sable
du sable tombé du ciel
du sable sur la fenêtre
je ne vois plus passer
les ombres
violence
de l’écrire
de transmettre
au coton au lin
violence
d’apposer mots mots mots mots en continu
violence de s’offrir sur un plateau
de transmettre des mots mots mots en continu
harcèlement
et les pinceaux
et la vision
et l’avenir
que ses mots savent lâchent malgré
violence
combien de meurtres contre soi
combien de globules serrés étranglés
combien de modules nodules de soi
violence
éparpillement
dépossédé loin de tout homme
étranger parmi les miens ici
et absent l’amour à perte de
vue l’amour infini sans nom.
un ciel de nord passe incertain
le gris se précise se nuance et
comme une couette forme
mon œuf

