BLOG EN ZEBRURES

Des rues à perte, des passerelles mules, dans le millet jaune l'audace d'un yack zébré...

24 juillet 2008

lutte

la balade se fait à minuit

la mue l'arrachement

la déchirure

sortir

vivre

exploser dégorger les lignes de mots étreindre dans les fluides la réalité

jaillir existant ouvrir les peaux les chairs casser le squelette l'ossature

se trouver se sortir de là s'exténuer dans la lutte primaire

sans être brisé

enfin

vivre


Posté par nicolas vasse à 23:13 - POESIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

/

parce que tu crois

qu'un château

qu'un carrosse

que des valets

que des sujets

que des esclaves

que ta fortune

t'aideront là où tu vas

tu penses profiter

quand tu gâches

chaque geste

chaque couleur

chaque parfum

chaque musique

tu souris faux

tu parles faux

tu n'existes pas

Posté par nicolas vasse à 22:58 - POESIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

la poésie

des fleurs des fleurs des fleurs et d'ultimes pétales brochés à ma langue au poitrail du taureau écorché saignant à point

des corbeilles à l'indienne bien garnies et douces si douces autant que du miel que de la peau de fleurs ou mieux encore du nectar de la pulpe de fleurs aussi intenses en bouche que l'entrelacs des sexes opposés des corbeilles disions-nous des corbeilles de roseaux

nous parlons de la poésie du moins ce qui se rapproche de ce terme aussi vague et défaitiste que les autres

je disais donc des fleurs de l'émanation florale en permanence un soupir grandiose à chaque bouffée une greffe d'esprit sur le corps un coup de fouet à ouvrir les entrailles




Posté par nicolas vasse à 22:42 - POESIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

recomposition

nous vivons dans un temps de sommeil anesthésiés ligaturés comprimés parqués et moi je vous le confie je rêve d'espace de beaucoup d'espace le temps quant à lui j'en ai fait une croix loin très loin larguée derrière mes sandales de cuir

m'étendre à chaque parcelle d'air combler tous les cubes des villes tous les plats des campagnes croître en tous sens lever le béton pénétrer les vieux murs et tout faire sauter tous les verrous pourrir le bois de chaque porte ternir toutes les peintures de plomb décomposer et recomposer le moindre mouvement de vie



Posté par nicolas vasse à 11:30 - POESIE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Marteau

les trottinettes poussaient des cris vociférateurs d'enfer

ils étaient là parmi nous ils faisaient des achats non ils ne rachetaient pas une âme quelconque non ils gueulaient étaient nés pour cela vulgaires pathétiques affligeants on leur avait dit qu'ils étaient les rois ils achetaient et par conséquent et en toute inconséquence ils se pensaient rois et immunisés en quelque sorte pauvres cons
en démolir un pour l'exemple juste comme un panneau d'interdiction planté au milieu cloué dans le sol en clouer un au marteau de mes bras de fer qu'ils se taisent un peu leur apprendre la peur la vraie trouille de leur vie et qu'ils la ferment et qu'en achetant ils baissent leurs têtes et leurs frocs car ils ne sont guère plus qu'un troupeau de chiffres détaillés qu'un ticket absurde que je fixe froid en trouant leurs yeux des miens insensés


Posté par nicolas vasse à 11:16 - POESIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

ben oui

ne pas douter c'est aussi stupide

que de se croire maître de sa vie



Posté par nicolas vasse à 01:26 - POESIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

obus

je suis un obus vivant

un sac explosif foudre

prompte à l'éclatement


Posté par nicolas vasse à 01:22 - POESIE - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

doute

je doute immense

et nu en suspens





Posté par nicolas vasse à 01:16 - POESIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

A.Artaud

"Il y a des cris intellectuels, des cris qui proviennent de la finesse des moelles. C'est cela, moi, que j'appelle la Chair. Je ne sépare pas ma pensée de ma vie. Je refais à chacune des vibrations de ma langue tous les chemins de ma pensée dans ma chair."
(p 146)

A.Artaud, "Oeuvres", Gallimard Quarto


Posté par nicolas vasse à 01:01 - RENCONTRES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juillet 2008

l'âme tirée à quatre épingles

il se présenta tremblant elle

prit un air soyeux et ravi le

matin suivant ils se mirent à

marcher et marchent encore du

lever au coucher ensemble ils

ne comptent pas ils s'aiment.



Posté par nicolas vasse à 22:39 - POESIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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